Bateau stop – une autre façon de voyager

Scroll this

Ce mode de voyage reste peu connu et pourtant si intéressant et accessible.
Il existe bien des moyens de transports pour nos projets de voyages. Tout dépend comment chacun le conçoit. Si seule la destination compte pour vous, alors prenez l’avion. Si au contraire, vous considérez que le chemin qui vous mène à cette destination est une partie intégrante et primordiale dans votre projet alors intéressez-vous au bateau stop ! Vous y ferez de belles rencontres, vivrez des moments exceptionnels, prendrez le temps d’apprendre, de lire, de discuter, tout en avançant vers votre destination au rythme des alizés de façon la plus écologique qu’il soit.
Votre Arrivée n’en sera que plus belle, vous aurez ce sentiment d’avoir réellement mérité d’être là en ayant pris cette notion de l’imensité de la terre.
Nul besoin d’avoir des gènes de Tabarly pour envisager ce type de voyage. Il ne faut, bien sûr, pas sous-estimer la puissance de la mer, mais en faisant les choses bien, elle est accessible à tous.

Tous les ans, à l’arrivée de l’automne qui signe la nouvelle saison des alizés, des dizaines de voyageurs arpentes les pontons ou les bars des ports de l’Atlantique Est pour trouver LE bateau, et surtout LE Capitaine qui les embarquera vers leur prochaine escale.
Prospecter : Les meilleures dates pour les meilleurs lieux :
Septembre/ Octobre : Côtes françaises Atlantique ou Méditerranée pour vous mener à Madeire, Canaries (port de Santa Cruz…), CapVert (Marina de Mindelo). Octobre/Novembre/Décembre/Janvier : Canaries, Cap-Vert pour la transatlantique. Différentes façons de trouver un bateau : Les petites annonces en capitaineries et bars des ports, le porte à porte (ou plutôt capot à capot), le site STW (lien en fin d’article).
Quel profil avoir pour ce type d’aventure :
Tout le monde peut prétendre embarquer. Bien sûr, il faut quand même être sûrs que vous n’êtes pas sujets au mal de mer, car pour une transat, il faut bien compter une quinzaine de jours sans mettre le pied à terre.
Si vous n’avez pas de connaissances en voile, ce n’est pas grave, voyez là l’occasion d’apprendre auprès de votre futur capitaine. Le plus important est votre volonté et votre bonne humeur !
Il faut aussi savoir accepter l’autorité du capitaine (tant qu’elle reste juste) sur les décisions de navigation et manœuvres.
Le capitaine est responsable de vous et de son bateau, il est de son devoir d’assurer votre sécurité par des règles imposées.

Nous avons embarqué Louis à plusieurs reprises entre l’archipèle du Cap vert et La Guadeloupe et Dominique. Louis est parti de Saint Malo et a rejoint La Colombie en 9 mois, sur 7 bateaux différents. Il n’avait aucune connaissance de la navigation et pas vraiment d’intérêt pour cela d’ailleurs, mais il compensait en participant à la vie à bord par la cuisine, la vaisselle, sa bonne humeur.
Des points tout aussi importants que de savoir border une voile !
Pour une transat, le capitaine vous demandera de faire des quarts de nuit. Des moments magiques, souvent accompagnés de ciels étoilés et de souffles de dauphins (malgré le sommeil qui parfois nous rattrape). Les quarts de nuit se font par roulement, en général de 3h selon le nombre d’équipiers et ils consistent principalement à effectuer une veille visuelle des cargos ou autres bateaux qui pourraient croiser votre route.
Comment choisir son capitaine ?
Il faut avoir un bon feeling, bien sûr, mais pas seulement.
Une fois en mer, il devient difficile de s’isoler, alors n’hésitez pas à questionner le capitaine avant le départ sur sa vision de la vie à bord (répartition des tâches, partage des connaissances, son expérience, fiabilité du bateau…). Il faut bien l’admettre, certains capitaines appliquent des règles de dictature et ne souhaitent pas partager leurs connaissances. C’est rare, mais ça arrive, alors autant s’en rendre compte avant le départ.
Il est primordial que vous ayez confiance dans le capitaine et son bateau.
Et puis, à un moment, il faut se lancer de toute façon. La mer est un milieu peu habituel pour la plupart d’entre nous, l’autarcie peut faire ressortir des traits de caractères peu propices à la vie en communauté, il faut parfois savoir tolérer et prendre sur soit.
Un capitaine qui embarquerait ses meilleurs amis à bord pour du hauturier, n’aurait pas plus de garanties que sa se passe bien qu’avec un inconnu.
Combien ça coûte :
Tout dépend du capitaine. En général, ils ne demandent qu’une participation à la caisse de bord, allant de 10 à 15 euros par jours (nourriture, gaz…). Certains peuvent demander plus car ils incluent une formation « officielle » à la navigation, il s’agit souvent de professionnels, qui peuvent demander dans les 25euros/jour.
Sur notre parcours, nous avons eu l’occasion de rencontrer et d’embarquer beaucoup de bateaux-stoppers, pour la majorité d’entre eux, l’expérience et les rencontres que ce mode de voyage impliquent ont été plus que positives, pour une petite minorité, à peine le bateau amarrés, ils sautent sur le ponton avec leur paquetage. Ces rares cas sont dûs aux principales raisons suivantes:
– un capitaine ivrogne et lunatique
– un bateau en très mauvais état pour de grandes traversées
– un capitaine qui se prend pour un dieu et abuse de son pouvoir au delà des
manœuvres et décisions de navigation.
Quoiqu’il en soit, vous vivrez ensemble des moment extraordinaires, rythmés de couchés de soleil, levés de lune, visites de dauphins, de baleines, de tortues, parties de pêche, et de grandes conversations à refaire le monde.
Ces moment et cet envirronement vous feront créer une relation unique, voir même naître de belles amitiés que vous soyez d’âges ou de classes sociales différentes. En général, en mer, on ne catégorise plus les personnes comme on est tenté de le faire à terre, c’est la solidarité qui prime sur tout !
Alors bienvenus à Bord !
Liens :
Sail The World
la bourse aux équipiers
Site en création mais à suivre de près : www.cobaturage.bzh

Texte et crédits photo: Elodie Ligot, Bateau « Gros Calin ».